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Blog libre, politique et personnel de Monsieur Jean-Pierre Renard: Monarchiste/Gaulliste/Catholique, ancien Conseiller municipal gaulliste de Pierrefitte Sur Seine. Délégué de Debout La France pour la 2 -ème circonscription de la Seine Saint Denis. "Liberté: Je recommence ma vie. Je suis né pour te connaître, pour te nommer liberté" (Paul Eluard)

Hubert Lyautey : de Saint-Cyr au Maréchalat

Le 19 février 1921, Hubert Lyautey, figure emblématique de l’armée française et artisan des débuts du Maroc moderne, est élevé à la dignité de maréchal de France, consacrant une carrière exceptionnelle, forgée sur le terrain et dans l’administration coloniale.
Né à Nancy le 17 novembre 1854, Lyautey semble prédestiné à la voie militaire, héritage d’une lignée attachée à l’honneur et au service. Entré à Saint-Cyr en 1873, il poursuit sa formation à l’École de guerre avant de partir en Algérie, où il sert deux ans comme officier de cavalerie. Fidèle à ses convictions légitimistes, il rend visite au comte de Chambord durant son exil, mais la fragilité du mouvement royaliste le conduit, par pragmatisme, à embrasser la République.
En 1894, son destin se joue hors de la métropole : d’abord le Tonkin, puis Madagascar en 1897 aux côtés de Gallieni. Lieutenant-colonel puis colonel, il y pacifie la région et favorise son développement économique, révélant déjà ses qualités de stratège et d’administrateur. En 1903, il est appelé par le gouverneur général Jonnart en Algérie, où son efficacité et sa clairvoyance lui valent les étoiles de général.
Mais c’est au Maroc que Lyautey trouve sa véritable place. Nommé premier résident général de France en 1912, il se distingue par une approche humaniste et respectueuse : il étudie la religion islamique, honore la personne du sultan et tisse des liens solides avec les élites locales. Sous sa houlette, la pacification du pays s’accompagne de constructions durables, jetant les bases du Maroc moderne, avec Casablanca comme vitrine du progrès.
Pendant la Première Guerre mondiale, il quitte temporairement le Maroc pour servir comme ministre de la Guerre dans le cabinet Briand (décembre 1916–mars 1917). De retour sur place, il est élevé au maréchalat en 1921. Cependant, les rivalités politiques du Cartel des gauches l’écartent du commandement contre la rébellion d’Abd-el-Krim, confié à Pétain, ce qui le pousse à démissionner et à regagner définitivement la France en 1925. Il y organise notamment l’Exposition coloniale de 1931, ultime mission avant sa disparition.
Homme d’action et penseur, Lyautey laisse également une empreinte intellectuelle. Son essai de 1891, Du rôle social de l’officier dans le service militaire universel, publié dans La Revue des deux mondes, et son ouvrage Le rôle social de l’armée (1900), témoignent de sa vision humaniste de l’armée et influencent une génération d’officiers. Ses observations sur Madagascar sont consignées dans Dans le sud de Madagascar, pénétration militaire, situation politique et économique (1903).
Élu à l’Académie française le 31 octobre 1912, au fauteuil d’Henry Houssaye, Lyautey ne sera reçu qu’après la guerre, le 8 juillet 1920, par Mgr Duchesne. Mort en France le 27 juillet 1934, il est d’abord inhumé à Rabat avant que sa dépouille soit transférée aux Invalides en 1961, symbole de son attachement durable à la France et à son armée.

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