Blog libre, politique et personnel de Monsieur Jean-Pierre Renard: Monarchiste/Gaulliste/Catholique, ancien Conseiller municipal gaulliste de Pierrefitte Sur Seine. Délégué de Debout La France pour la 2 -ème circonscription de la Seine Saint Denis. "Liberté: Je recommence ma vie. Je suis né pour te connaître, pour te nommer liberté" (Paul Eluard)
LES POLONAIS DE NAPOLÉON : COMBATTRE POUR LA FRANCE DANS L’ESPOIR DE RESSUSCITER LA POLOGNE
Cette illustration de Ryszard Morawski représente des soldats polonais au service de Napoléon et un drapeau portant l'inscription « L'Empereur Napoléon au Régiment Polonais ». Elle rappelle une particularité essentielle de la Grande Armée : des dizaines de milliers de Polonais combattirent sous les aigles impériales. Leur fidélité à Napoléon ne reposait pas seulement sur son prestige militaire. Pour beaucoup, servir l'Empereur signifiait surtout espérer la renaissance d'une Pologne disparue de la carte de l'Europe.
À la fin du XVIIIe siècle, la situation polonaise est dramatique. Les trois partages de 1772, 1793 et 1795, réalisés par la Russie, la Prusse et l'Autriche, ont fait disparaître la République des Deux Nations en tant qu'État indépendant. Des patriotes polonais se tournent alors vers la France révolutionnaire. Dès 1797 apparaissent en Italie les Légions polonaises de Jan Henryk Dąbrowski, combattant aux côtés des Français. Leur célèbre chant, Mazurek Dąbrowskiego, proclame que « la Pologne n'est pas encore morte » : il deviendra bien plus tard l'hymne national polonais.
L'espoir prend une dimension nouvelle après les victoires napoléoniennes contre la Prusse. En 1807, Napoléon crée le Duché de Varsovie à partir de territoires polonais précédemment annexés. Ce n'est pas encore une Pologne totalement indépendante, mais pour une génération qui avait assisté à la disparition de son pays, sa création apparaît comme une résurrection. L'armée du duché fournit alors à Napoléon des contingents considérables. Fantassins, artilleurs et cavaliers polonais combattent en Espagne, en Autriche, en Russie, en Allemagne et finalement en France. Parmi eux, les célèbres chevau-légers polonais de la Garde impériale acquièrent une réputation exceptionnelle, notamment après leur charge spectaculaire au col de Somosierra en 1808.
Cette alliance atteindra son apogée — et commencera à se briser — pendant la campagne de Russie de 1812. Près de 100 000 Polonais participent à la campagne dans les différentes formations liées à l'Empire, espérant que la victoire permettra enfin de reconstituer pleinement leur patrie. La catastrophe de la Grande Armée ruine cet espoir. Après l'abdication de Napoléon en 1814 puis Waterloo en 1815, le congrès de Vienne redessine une nouvelle fois la Pologne sous la domination des grandes puissances. Pourtant, le souvenir napoléonien restera extraordinairement puissant dans la mémoire nationale polonaise. Pour ces hommes, l'aigle impériale française n'était pas seulement celle de Napoléon : elle représentait, pendant quelques années, la possibilité de revoir un jour flotter l'aigle blanc de Pologne sur un État redevenu libre.
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Source de l’illustration : D'après le travail de Ryszard Morawski — uniformes et drapeau des troupes polonaises au service de la France napoléonienne, 1807-1814.