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Blog libre, politique et personnel de Monsieur Jean-Pierre Renard: Monarchiste/Gaulliste/Catholique, ancien Conseiller municipal gaulliste de Pierrefitte Sur Seine. Délégué de Debout La France pour la 2 -ème circonscription de la Seine Saint Denis. "Liberté: Je recommence ma vie. Je suis né pour te connaître, pour te nommer liberté" (Paul Eluard)

⚜️Les neufs Croisades⚜️

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Les neuf Croisades par Joseph-François Michaud

1 — Septième Croisade

Saint-Louis à l'abbaye de Saint-Denis

A l'époque qu'il avait marquée, Louis IX, accompagné de ses frères, le duc d'Anjou et le comte d'Artois, se rendit à l'abbaye de Saint-Denis (69). Après avoir imploré l'appui des apôtres de la France, il reçut des mains du légat le bourdon et la panetière, et cette oriflamme que ses prédécesseurs avaient déjà montrée deux fois aux peuples d'Orient.
Louis revint ensuite à Paris, où il entendit la messe dans l'église de Notre-Dame. Le même jour il quitta sa capitale, pour ne plus y rentrer qu'à son retour de la terre sainte. Le peuple et le clergé, fondant en larmes et chantant des psaumes, l'accompagnèrent jusqu'à l'abbaye de Saint-Antoine. C'est là qu'il monta à cheval pour se rendre à Corbeil, où devaient le rejoindre la reine Blanche et la reine Marguerite.
Le roi donna encore deux jours aux affaires de son royaume, et confia la régence à sa mère, dont la fermeté et la sagesse avaient défendu et sauvé la couronne pendant les troubles de sa minorité. Si quelque chose pouvait excuser Louis IX et justifier sa pieuse obstination, c'était de voir qu'il laissait ses états dans une profonde paix. Il avait renouvelé la trêve faite avec le roi d'Angleterre ; l'Allemagne et l'Italie, occupées de leurs discordes intérieures, ne pouvaient donner à la France aucun sujet d'alarmes. Louis, après avoir pris toutes les mesures pour étouffer l'esprit de rébellion, emmenait avec lui dans la terre sainte la plupart des grands qui avaient troublé le royaume. Le comté de Macon, vendu dix mille livres tournois, venait d'être réuni à la couronne ; la Normandie échappait au joug des Anglais ; les comtés de Toulouse et de Provence, par le mariage des comtes d'Anjou et de Poitiers, entraient dans l'apanage des princes de la famille royale. Louis IX, depuis qu'il avait pris la croix, n'avait cessé de faire tous ses efforts pour conserver les nouvelles conquêtes de la France, pour apaiser les murmures des peuples, pour ôter tout prétexte de guerre étrangère et de guerre civile. L'esprit de justice qu'on remarquait dans toutes ses institutions, le souvenir de ses vertus, qu'on admirait encore davantage au milieu de la désolation générale causée par son départ, la religion qu'il avait fait fleurir par son exemple, suffisaient pour maintenir l'ordre et la paix pendant son absence.
Dès que Louis eut remis en d'autres mains l'administration de son royaume, il se livra tout entier aux exercices de la piété, et l'on ne vit plus en lui que le plus modeste des chrétiens. L'habit et les attributs des pèlerins furent dès lors toute la parure d'un puissant monarque. On ne lui vit plus d'étoffe éclatante, plus de fourrures de prix ; ses armes même et les harnois de ses chevaux n'éclataient que parle poli du fer et de l'acier. Son exemple eut tant de force, dit Joinville, « qu'en la voie d'outre-mer on ne remarqua une seule cotte brodée, ni celle du roi, ni celle d'autrui. » En réformant la somptuosité de ses équipages et de ses habits, Louis IX faisait distribuer aux pauvres l'argent qu'il avait coutume d'employer à cet usage. Ainsi la magnificence royale ne se montrait plus que dans les oeuvres de sa charité.

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