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Blog libre, politique et personnel de Monsieur Jean-Pierre Renard: Monarchiste/Gaulliste/Catholique, ancien Conseiller municipal gaulliste de Pierrefitte Sur Seine. Membre de l'Avenir Français et du Rassemblement National. "Liberté: Je recommence ma vie. Je suis né pour te connaître, pour te nommer liberté" (Paul Eluard)

« La Garde ne se bat qu’à la baïonnette »
Eylau, 8 février 1807 – le moment où l’Empire tient bon

Le 8 février 1807, la bataille d’Eylau s’enlise dans un chaos glacé. La neige, le vent et la fumée ont englouti le champ de bataille. Les charges de cavalerie viennent de s’achever dans un fracas d’acier et de cris, laissant derrière elles un paysage de corps disloqués, de chevaux éventrés et d’unités disloquées. Lorsque l’éclaircie survient enfin, elle ne révèle pas une victoire, mais une menace mortelle.

Une brèche s’est ouverte dans le dispositif français.
Plusieurs milliers de grenadiers russes ont échappé au choc de la cavalerie et progressent inexorablement vers le cimetière d’Eylau. Là, sur cette légère hauteur battue par le vent, se tient Napoléon. L’Empereur est visible, presque exposé. Si cette colonne russe atteint le cimetière, c’est le cœur même de l’armée française qui vacille.

Napoléon comprend instantanément l’enjeu. Il se tourne vers le général Pierre-François-Joseph Dorsenne et donne l’ordre que l’on redoute et que l’on espère à la fois : « Faites donner la Garde. »
La Garde impériale s’ébranle.

Les grenadiers avancent lentement, impeccablement alignés malgré la neige, les morts et les blessés qu’ils enjambent sans rompre les rangs. Un officier, saisi par l’urgence, s’apprête à donner l’ordre de faire feu. Dorsenne l’interrompt sèchement. Sa voix tranche le tumulte : « Grenadiers, l’arme au bras !
La Garde ne se bat qu’à la baïonnette. »

Aucun tir. Aucun nuage de fumée. Seulement le pas lourd des vétérans de l’Empire qui ferment les rangs et abaissent leurs baïonnettes. Le choc est d’une violence inouïe. Les grenadiers russes, déjà éprouvés, se heurtent à ce mur humain animé d’une détermination froide. Au même instant, les cavaliers du général Jean-Baptiste Bruyère et les chasseurs à cheval du général Charles-Joseph de Pully Dahlmann frappent les flancs ennemis. La colonne russe est prise dans un étau infernal.

Ce n’est plus une bataille rangée. C’est un corps à corps titanesque. Baïonnettes, crosses, sabres, cris étouffés dans la neige rouge. Les hommes tombent à quelques pas de l’Empereur, mais la ligne ne rompt pas. La Garde avance encore, inexorable, électrisée par la présence de Napoléon, consciente que reculer n’est pas une option.

La colonne russe finit par céder. Elle se disloque, recule, puis reflue dans le désordre, laissant le terrain jonché de morts.

À Eylau, il n’y a ni triomphe éclatant ni victoire nette. Mais il y a cet instant suspendu où l’Empire a tenu sur la pointe des baïonnettes de sa Garde. Ce jour-là, dans la neige et le sang, la légende s’est renforcée : lorsque tout vacille, la Garde avance – et ne tire pas.
Selon vous, cet épisode d’Eylau marque-t-il l’apogée morale de la Garde impériale ou annonce-t-il déjà le prix humain exorbitant que l’Empire exigera de ses élites militaires ?

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